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Mobilier Dioramas MNHI
© Ph. Lebruman 2020

Diorama Tabac et datier

Par la société Peignen (pour le meuble marché du 5 février 1931) ; la société Sormani pour les lettres métalliques des inscriptions en partie haute du meuble (marché du 10 mars 1931) ; et François Quelvée, artiste peintre, pour le diorama (marché du 3 février 1931).

Description

Ce grand meuble en bois est pourvu d’une vitrine décorée d’un diorama présentant une scène de vie dans un champ de tabac. Trois personnages en contre-plaqués peints sont fixés sur le plateau à l’aide d’équerres métalliques.

Les éléments du décor (sable blond fin et terre noire) ne sont pas collés sur le plateau. Les plants de tabacs et les dattiers sont en contre-plaqué peints fixés en partie sur la façade, mais également sur le plateau, grâce à des équerres métalliques.
Le fond du décor est une toile peinte fixée par des cordes sur le cadre de soutien zénithale et mise en tension par des poids (pierres) attachés par des cordes passées dans le bas de la toile. Une tige métallique courbe, passée dans le bas de la toile permet de donner la courbe à la toile et de renforcer les points d’accrochage des poids.

Historique

Il s’agit d’un diorama du début du XXème siècle, réalisé par François Quelvée dans le cadre de l’exposition coloniale de 1931.

Ce diorama fait partie d’un ensemble de 8 dioramas, consacrés aux productions végétales de la section synthèse, commandé à la société Peignen pour la réalisation des meubles et à 5 artistes différents pour les dioramas.

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Vue galerie des produits végétaux
Vue galerie des produits végétaux
© Archives Musée du Quai Branly, PP0131272, 1931

La conception de la section des produits végétaux est confiée à Monsieur Emile Prudhomme, directeur de l’institut National d’Agronomie coloniale. L’idée directrice de la section de synthèse des produits coloniaux (animaux, végétaux, minéraux) était de présenter sous la forme d’une « leçon de chose » les enseignements les plus exacts sous une forme attrayante, au moyen de dioramas et d’échantillons.

Confiés à l'exécution d’artistes, les dioramas étaient destinés à dégager l'impression d'ensemble, à créer l'ambiance dans laquelle les différents produits sont cultivés, exploités, utilisés.

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Avant restauration, diorama tabac et dattier, restauratrices Yveline Huguet et Solène Chatain, 2007
Avant restauration, diorama tabac et dattier, restauratrices Yveline Huguet et Solène Chatain, 2007

Le diorama du Tabac et du Dattier en Algérie, aussi dénommé « Le Tabac et le Dattier en Algérie. Larose et l’oranger au Sahara », fait partie de l’ensemble des 8 autres dioramas de la section produits coloniaux.  Le marché est attribué à François Quelvée le 3 février 1931.
De gauche à droite, le diorama représente l'intérieur d'une oasis. Il évoque ensuite le désert où se profile la silhouette si caractéristique de Gardaïa, une des villes saintes du pays mozabite. On aperçoit enfin une plantation de tabac située dans les plaines fertiles de la zone côtière.

Dans l'oasis, le visiteur voit des Dattiers de différentes tailles, dont l'un formant « portant » à gauche présente un rejet (djebar) destiné à la multiplication. Au centre, un Dattier en pleine fructification.
Sous les Dattiers, des plantes vivrières, des orangers, des citronniers, des rosiers, dont le « Comité de la Rose et de l'Oranger au Sahara", présidé par Mme la Maréchale Lyautey, s'efforce de développer la culture dans les oasis.
Dans la plantation de Tabac, des indigènes procèdent à la récolte des feuilles.
Au premier plan, des silhouettes découpées figurent une femme qui porte une corbeille d'oranges el de citrons el deux Arabes rassemblant des dalles qu'ils viennent de récolter. Un Figuier, autre arbre fruitier très répandu en Afrique du Nord, forme le portant de droite el constitue une partie du bandeau.

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Mobilier Dioramas MNHI
Mobilier Dioramas MNHI
© Ph. Lebruman 2020

Ce diorama nous apprend quelques phases de la culture du dattier et du tabac qui se développe en Algérie à cette époque, la volonté d’initier la culture de la rose et de l’oranger au Sahara avec la référence au « congrès de la rose et de l’oranger » qui s’est tenu à El Goléa en 1930, tout en rendant un hommage à Madame la Maréchale Lyautey.

Le diorama Tabac et Dattier est une œuvre de François Quelvée (1884-1967), élève de Maurice Denis, il a reçu de son maître, après avoir rempli une fonction dans les travaux publics, le goût des larges compositions.
 

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Cirad, 1931, diorama Riz Cocotier et caoutchouc
Diorama riz cocotier et caoutchouc (1931)
© CIRAD

François Quelvée réalisera également pour la section des produits végétaux le Diorama « Riz Cocotier et Caoutchouc » aujourd’hui disparu.
Entourant le diorama, des panneaux lumineux documentaires et des vitrines présentaient de grands échantillons botaniques donnant une idée de l’aspect des plantes exploitées.  Le visiteur pouvait ainsi observer toutes les phases de la culture et de l’utilisation des produits.

Cette section est restée en place jusqu’à la transformation du musée de la France d’outre-mer en musée des arts d’Afrique et d’Océanie ; elle n’a pas été réouverte au public depuis 1960.

Informations

Inventaire
AF 5731
Type
Diorama
Date
1931
Auteur
Peignen - Sormani - François Quelvée
Matériaux

Pour le mobilier : éclairés intérieurement toutes les menuiseries des dioramas ont été exécutés en acajou colonial verni au tampon.

Pour le décor : toile peinte à l’huile, bois contreplaqué polychrome, plâtres, sable blond fin et terre noire.

Dimensions

meuble : H : 350 cm la : 300 cm, prof 130 cm ; vitrine : H : 210 cm, la : 250 cm, ht : 210 cm