L’ami arménien
Andreï Makine, Paris, Grasset, 2021, 216 p.,18 euros.
Andreï Makine, Paris, Grasset, 2021, 216 p.,18 euros.
Film d’Ahmed Hamidi (France, 2020)
Film de Hélier Cisterne (France, 2022)
Film de Philippe Chauveron (France, 2022)
Documentaire de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier (France, 2019) Prix du documentaire au Festival du film social
En cette année 2022, l’Inde commémore les 75 ans de son indépendance à travers une série de multiples événements nationaux et internationaux, réunis sous le nom d’« Amrit Mahotsav », c’està- dire « La célébration du nectar », où la culture indienne occupe une place de choix. En France, le groupe Dhoad, basé à Tours, participera à de grands événements organisés sous le haut patronage de l’ambassade d’Inde. Une belle occasion de rencontrer Rahis Bharti, maître du tabla, son fondateur et directeur, dont le fascinant parcours artistique fait l’objet d’un beau livre Le coeur battant du Rajasthan. Rahis Bharti & Dhoad .
Artiste féministe renommée, née en Roumanie en 1929, Marion Baruch a trouvé dans les possibilités de l’Internet l’occasion de renouveler sa démarche artistique.
Selon l’Organisation des Nations unies, plus de 5 millions de personnes, dont près de 4,8 millions d’Ukrainiens, ont fui l’Ukraine 51 jours après l’invasion russe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 215 000 non-Ukrainiens, étudiants et travailleurs migrants, ressortissants de pays tiers, ont aussi quitté l’Ukraine, rencontrant parfois des difficultés pour regagner leur pays. L’OIM estime aussi à 7,1 millions le nombre de déplacés à l’intérieur du pays. Au total, ce sont plus de 12 millions de personnes, qui ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière vers la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la Moldavie, la Slovaquie ou la Russie, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine. Au 14 avril, selon le ministère de l’Intérieur, plus de 45 000 Ukrainiens sont passés par le territoire français et 39 952 autorisations provisoires de séjour ont été délivrées. Pourtant ils ne seraient que 25 881 personnes hébergées en France. « Nombre d’Ukrainiens se dirigent en effet rapidement vers d’autres pays, en premier lieu l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Et de nombreuses autres personnes peuvent arriver en France sans être contrôlées. » Du jour au lendemain, l’Europe se trouve confrontée à un drame migratoire et humanitaire inédit depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui était encore inimaginable, il y a peu, sur le continent européen ne l’est malheureusement pas ailleurs, théâtre éloigné et souvent invisible de drames comparables, humainement identiques. Le vocabulaire, réservé jusque-là à des populations africaines, proche-orientales ou asiatiques, bien connu des spécialistes et des citoyens, sensibles ou engagés, s’est répandu, jusqu’à la nausée, dans les médias mainstream . « Jusqu’à la nausée »… car le – juste ! – bruit en faveur des Ukrainiens rendait assourdissant le silence, voire l’hostilité, réservés au pauvre bougre qui avait le malheur de tenter de débarquer qui d’Afghanistan, qui de Syrie, qui de Somalie. Bons et mauvais réfugiés ? Les mobilisations et la solidarité ont été unanimes, de la Pologne à la France, dans les médias et dans les formations politiques. Le 25 février, sur Europe 1, le député Modem Jean-Louis Bourlanges déclarait que les Ukrainiens constitueraient en France une « immigration de grande qualité, dont on pourra tirer profit ». Ce à quoi le journaliste Yaël Goosz réagissait : « Attendez, qu’on comprenne bien : il y aurait donc des réfugiés moins utiles… Parce que culturellement trop différents ? Pas chrétiens ou pas Européens ? Réflexe de voisinage pour aider d’abord celui qui nous ressemble ? Loi du mort au kilomètre, qui veut que plus l’horreur se produit loin de chez soi et plus on y est indifférent ? Comme s’il fallait dire “accueil de réfugiés” en parlant des Ukrainiens, mais “crise des migrants” si on évoque le sort des Irakiens, des Syriens ou des Afghans ! » (France Inter, le 2 mars). Dans la foulée, la SNCF décrétait la gratuité des transports pour les réfugiés ukrainiens. Illico, le syndicat CGT Cheminots demandait d’élargir la gratuité à l’ensemble des réfugiés, estimant qu’il n’y a pas lieu de sélectionner « les bons ou les mauvais réfugiés ». Une règle semble régir les questions migratoires : déplacés et exilés, surtout pour les plus pauvres, ne s’aventurent guère loin de chez eux et de leur pays. Il en est ainsi des Européens comme des Africains. Si l’accueil et la solidarité doivent d’abord et mécaniquement être locales, pour autant, la débauche de moraline qui s’est déversée avait quelque chose de consternant quand, dans le même temps et en l’espace de quelques jours, périssaient au large des côtes libyennes des dizaines d’hommes et de femmes ! Certes, au Sahara, en Libye, en Afghanistan ou en Irak, ces hommes et ces femmes n’avaient pas subi les bombes de Poutine… Troublant aussi, cet autre constat qui veut que l’empathie réservée aux non-Ukrainiens, qui s’esbignaient aussi, était délivrée à doses homéopathiques. Pour leur malheur, ceux-là avaient la peau noire ! Et, semble-t- il, dans la Pologne d’Andrzej Duda, cela passe un peu moins… De sorte que certains étaient refoulés à la frontière, quant aux autres, ils pouvaient se retrouver enfermés dans des centres de détention (Infomigrants.net, le 24 mars). « Une enquête coordonnée par l’ONG d’investigation Lighthouse Reports, en partenariat avec plusieurs médias, dont Mediapart et Radio France, a révélé, mercredi 23 mars, qu’au moins quatre étudiants étrangers qui avaient fui la guerre en Ukraine se sont retrouvés détenus en Pologne et contraints de demander l’asile dans le pays. » Et de citer le témoignage d’un jeune Nigérian ci-devant étudiant à Kharkiv : « À la frontière, le 27 février, ils [les gardes-frontières polonais ndlr] ont pris nos téléphones de force […]. Ensuite, ils nous ont demandé de requérir l’asile. J’ai refusé. J’ai été forcé de signer la demande car sinon c’était la prison. Ils m’ont détenu dans un autre endroit puis, j’ai été transféré ici, dans le camp fermé, à l’intérieur de la forêt. » Pour Małgorzata Rycharska, de l’ONG Hope & Humanity Poland, « c’est difficile de ne pas y voir du racisme, car dans le camp près de Varsovie, tous ceux qu’on connaît sont d’origine africaine ». Scènes de tri, de violence, d’humiliation, de refoulement, documentent de nombreux cas de racisme. Une situation qui a, tout de même, « provoqué une vague d’indignation ». Pour alerter des conditions « d’accueil » des étudiants africains (20 % des 76 500 étudiants étrangers en Ukraine avant le conflit), le hashtag #AfricansInUkraine a été lancé.