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Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

« Sans la culture, on ne peut pas vivre »

Entretien avec Teresa Maffeis, cofondatrice de l’Association pour la démocratie à Nice (ADN), réalisé par Nick Aikens, conservateur au musée Van Abbemuseum, Eindhoven (Pays-Bas). L’entretien suivant avec feu Teresa Maffeis a eu lieu à Nice en octobre 2021. Je l’ai rencontrée en juillet 2021, vers la fin d’une visite de recherche de trois mois au sein de l’université Côte d’Azur, dans le cadre du Programme de pratiques de recherche avancées. Mon projet consistait en une exposition-recherche intitulée « Rewinding Internationalism », réalisée en trois expositions à Netwerk Aalst, en Belgique (février-mai 2022), au Van Abbemusuem, aux Pays-Bas (novembre 2022-avril 2023), où je travaille comme conservateur, et à la Villa Arson à Nice (juin-août 2023).

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Musiques anatoliennes en exil : transformations, transgressions

L’étude de la formation actuelle de groupes et de collectifs de musiciens d’origine anatolienne en France et en Allemagne permet d’éclairer la vitalité de la création musicale contemporaine en diaspora. Se fondant sur une solide tradition d’activisme musical et une implantation ancienne de réseaux diasporiques en Europe, la jeune génération de musiciens aux origines turques, kurdes ou arméniennes mêlées questionne résolument les codes communautaires, les frontières politiques et les appartenances genrées. La solidarité entre ces artistes débouche sur la création de lieux et d’événements qui dessinent les contours d’un territoire musical transnational.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Chez Soi

Entretien avec Silina Syan, artiste plasticienne transdisciplinaire, réalisé par Sophie Orlando, théoricienne de l’art, professeure à la Villa Arson Née en 1996 à Clamart, Silina Syan est une plasticienne transdisciplinaire. Diplômée de l’École nationale supérieure d’art, la Villa Arson, elle co-dirige le média Echo Banlieues , et y intervient également en tant que photographe. Les identités postcoloniales, les doubles ou les triples cultures, les histoires d’enfants d’immigré·e·s en France font partie de ses sujets de prédilection. En 2021, elle est en résidence à Triangle-Astérides (Marseille), et présente son travail aux Magasins Généraux lors du festival Les Chichas de la Pensée, à la galerie art-cade* (Marseille), au centre d’art de la Villa Arson (Nice) et aux Ateliers Médicis lors de la Nuit Blanche. En 2022, son travail est exposé à la galerie Éric Mouchet (Paris), à Poush Manifesto (Clichy), ainsi qu’à La Villette (Paris) dans 100 % l’expo et au 109 (Nice) à l’occasion du festival Image Satellite. En 2023, elle présente un projet avec le collectif B93 au Sample Bagnolet, soutenu par Mondes Nouveaux. Depuis 2021, elle est en résidence aux Ateliers Médicis (Montfermeil), où elle travaille sur un projet soutenu par Mondes Nouveaux et l’université Côte d’Azur.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Construction et appropriations de la figure de l’« artiste réfugié » dans des dispositifs d’accueil artistique à Berlin

Une enquête réalisée à Berlin en 2019 auprès d’artistes étrangers résidant dans la ville et de responsables de dispositifs de soutien permet de mettre en lumière le rôle des catégories utilisées pour les appréhender. La figure de l’« artiste réfugié » mobilisée par les dispositifs d’accueil artistique est le fruit d’une construction qui comporte des biais symboliques aux conséquences bien réelles. Ces créateurs font ainsi face aux attentes d’un public assignant leur travail à une place : celle d’un artiste fuyant des conflits dont il serait sommé de traiter.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Les défis de la « double présence »

Salia Sanou, Serge Aimé Coulibaly, Bienvenue Bazié et Ahmed Soura, danseurs et chorégraphes originaires du Burkina Faso, partagent leur existence entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. L’étude du parcours et de l’engagement de ces artistes permet de mettre au jour les modalités de la construction de leur carrière artistique au carrefour de plusieurs territoires. Leurs trajectoires multi-situées excèdent les catégories mobilisées pour décrire les mobilités artistiques internationales. Ni artiste migrant, ni en exil, ces artistes se déjouent des assignations à résidence.

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Artistes en exil

La catégorie d’« artiste en exil » mobilisée pour désigner certains artistes étrangers réfugiés en France tend à réduire la diversité de leurs expériences migratoires tout en contribuant à les distinguer d’autres migrants. Une enquête de terrain réalisée auprès de l’association française L’atelier des artistes en exil permet de mettre en lumière les effets d’une telle catégorie sur la définition même de l’identité de l’artiste et du regard qu’il porte sur sa propre pratique. Car l’exil informe à la fois la création de l’artiste et la réception de ses oeuvres au sein de la société d’accueil.

Revue Mondes & Migrations Article de dossier/point sur

Migrations artistiques. Un état des lieux.

Ces dernières années, ce que les médias ont nommé la « crise des migrants » en Europe a fait l’objet de diverses formes de réactions et d’engagements de la part des milieux artistiques. Les initiatives visant à soutenir et à accueillir des artistes migrants se sont alors multipliées. Dans ce contexte, constitué à la fois de mobilisations, de réseaux, de dynamiques créatives et d’initiatives d’accueil, ce dossier interroge par diverses voies cette modalité d’être dans le monde qu’est la figure de l’artiste en exil dans l’Europe contemporaine.

Revue Mondes & Migrations Éditorial

Artiste en lutte, activisme par l’art, des affinités contrariées ?

Les artistes veulent sortir de leur tour d’ivoire. Par solidarité de destin, par militantisme ici ou au pays natal, ils investissent l’espace public en s’engageant dans les luttes en faveur des migrations dont ils partagent les expériences à travers leur création. Ce numéro interroge les relations entre migrations artistiques et mouvements sociaux compris dans une acception très large, de l’accueil des migrants jusqu’aux luttes pour les droits et la reconnaissance. Artiste en exil et jeu des identités sociales Les articles du dossier scientifique interrogent ce que le processus de catégorisation et les programmes d’aide font aux artistes « migrants », « exilés » ou « réfugiés » eux-mêmes. Alors que le critère de l’exil conditionne leur accès à des actions publiques ciblées, les artistes s’opposent à certains effets de cette catégorie dans le monde artistique, qu’ils perçoivent comme vectrice d’identités assignées, source d’une exotisation de leur oeuvre, voire d’une visibilité misérabiliste ou racialisante. Ils sont nombreux à considérer que les dispositifs d’aide restreignent leur liberté créatrice, les marginalisent au sein des institutions de l’art, y compris sur les problématiques migratoires qui pourtant inspirent leur création. Bref, qu’ils les privent d’une légitimité en tant qu’artistes singuliers en les renvoyant à une position subalterne.La situation entre art et exil ne serait-elle pas dialectique ? En tant qu’acteurs engagés contre ces dynamiques d’altérisation discriminatoires, ils expriment leur solidarité avec les migrants pour élaborer un « nous » qui ne soit pas limité aux origines communes. L’art opère ainsi des hybridations de répertoires culturels très divers, favorise des passerelles militantes entre générations ou entre groupes sociaux, au-delà de la seule logique d’entre soi qu’entraînent souvent des parcours déployés au sein des communautés. En ce sens, l’activisme par l’art contribue à faire évoluer la légitimation et la production du sens des actions collectives d’aujourd’hui. Mais les retombées des artistes militants, en déplaçant la contestation de la scène politique vers les institutions et les scènes artistiques, sont-elles aussi profitables pour leur carrière artistique ? Fabriquer le patrimoine du militantisme Les collections du Musée national de l’histoire de l’immigration conservent de nombreux objets et représentations des luttes engagées par les populations immigrées (affiches, tracts, banderoles, dessins de presse, photographies, etc.). Le portfolio a retenu une vingtaine de ces oeuvres qui composent un patrimoine du militantisme souvent renvoyé aux oubliettes. Quel discours produire sur ces objets de lutte, politiquement situés, alors qu’ils sont soustraits à la sphère militante pour être conservés et exposés ? Quelles actions l’institution muséale peut-elle imaginer avec les artistes pour faire en sorte que ces témoignages emblématiques irriguent la société traversée par des crises ? La multiplication des résidences menées par des artistes ou des chercheur.es au Musée explore l’histoire des migrations comme un formidable réservoir collectif de récits de soi et des autres. Les ambitions et les résultats de ces projets artistiques contribuent à enrichir l’offre d’un musée qui se veut ouvert sur toute la société, incitant chacun à participer au patrimoine commun. La revue poursuit ainsi la diffusion d’un répertoire de projets mais aussi des démarches, des idées et des réflexions qui les accompagnent pour inspirer d’autres horizons. Nouvelle chronique « Engagement » La revue ouvre une nouvelle chronique à l’équipe de recherche du programme CAUSIMMI qui vise à répertorier et à analyser toutes les mobilisations, les organisations et les parcours militants en faveur de la cause des immigrés depuis la fin des années 1960. Elle démarre ici avec des actions qui ont investi le domaine culturel et artistique et se poursuivra sur toute la durée du programme dont les archives d’ Hommes & Migration s constituent une ressource importante.