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Revue Mondes & Migrations Champs libres : engagement

« Donner à voir la cause immigrée dans sa globalité et sa diversité »

Entretien avec les responsables du programme de recherche Causimmi, Camille Gourdeau et Karim Taharount , réalisé par Marie Poinsot , rédactrice en chef de la revue Hommes & Migrations . Marie Poinsot : Quel est l’objectif de ce programme de recherche ? Causimmi : L’objectif de Causimmi est de saisir et de donner à voir la cause immigrée dans sa globalité et sa diversité. Pour cela, nous produirons une base de données recensant les mobilisations, les organisations et les militant.e.s de cette cause. Et ce, en cherchant à être le plus exhaustif possible, même si nous sommes tributaires de la disponibilité des sources et de nos moyens. En croisant les entrées, cette base de données permettra de répondre à de nombreuses problématiques. On y trouvera aussi un ensemble de notices synthétisant les informations recueillies sur ces mobilisations, ces organisations et ces militant.e.s. Concernant les militant.e.s, ces notices reprendront le modèle du Maitron, le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, dans lequel elles trouveront d’ailleurs leur place.

Revue Mondes & Migrations Champs libres : engagement

L’art et la culture au service de la cause immigrée

Chronique coordonnée par Vincent Gay , maître de conférences en sociologie, université Paris-Cité, LCSP, Institut Convergences Migrations ; Camille Gourdeau , socio-anthropologue, université Paris-Cité ; Samir Hadj Belgacem , maître de conférences en sociologie, université Jean Monnet/Centre Max Weber, Institut Convergences Migrations ; Victor Pereira , maître de conférences en histoire, Universidade Nova de Lisboa, Instituto de História Contemporânea, Institut Convergences Migrations ; Mathilde Pette , maîtresse de conférences en sociologie, UPVD/ART-Dev, Institut Convergences Migrations ; Karim Taharount , ingénieur d’études contractuel, université Paris 1. Les mobilisations de la cause immigrée ont parfois pris des formes artistiques et culturelles mêlant inspirations françaises, émigrées et anglo-saxonnes. La cause immigrée a investi le domaine artistique – musique, théâtre, cinéma et littérature notamment –, ainsi que certains lieux culturels comme des espaces de revendication, d’engagement et de formation politique. Ici, nous évoquerons le Festival de théâtre populaire des travailleurs immigrés, organisé par la Maison des travailleurs immigrés (MTI) entre 1975 et 1979, ainsi que quatre militant.e.s qui y ont pris part à des moments différents de leurs engagements dans la cause immigrée. Les notices biographiques publiées ici sont des versions courtes se focalisant sur leurs engagements en lien avec le théâtre et la culture. Leurs notices complètes seront publiées dans le dictionnaire Maitron.

Revue Mondes & Migrations Champs libres : initiatives

Le droit à la culture pour tous pour les personnes en situation d’exil

Un principe généreux à l’application circonstanciée Si les politiques d’accueil mises en place au cours de la décennie 2010-2020 incluent les droits culturels des migrants, l’étude de projets artistiques à destination d’exilés révèle des biais dans la mobilisation des publics visés.

Revue Mondes & Migrations Au musée : les débats du musée

Artistes et activistes : vers un plaidoyer commun ?

Retranscription des échanges de la table ronde par Lina Louber et synthèse par Nicolas Treiber. Les associations ont de plus en plus souvent recours au monde artistique pour relayer et porter leurs sujets, leurs actions et leurs combats dans le champ des migrations et de l’immigration. La rencontre organisée au Musée national de l’histoire de l’immigration en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD), dans le cadre de la Journée internationale des migrants en décembre 2022, interroge la façon dont la sphère artistique peut compléter, prolonger, relayer et favoriser l’action indispensable des associations.

Revue Mondes & Migrations Au musée : littérature

« Le bilinguisme est avant tout une expérience physique »

Entretien avec Polina Panassenko, lauréate 2023 du Prix littéraire de la Porte Dorée, réalisé par Stéphanie Bartolo, responsable des événements littérature et cinéma, Musée national de l’histoire de l’immigration. Le Prix littéraire de la Porte Dorée a été décerné cette année à Polina Panassenko pour Tenir sa langue , publié aux éditions de l’Olivier en 2022. Un premier roman drôle et frondeur qui dit toute la complexité d’une enfance prise entre deux pays, deux langues, deux prénoms. Pour le jury, présidé cette année par Mohamed Mbougar Sarr, « l’autrice signe le récit léger et grave, absurde et tendre, d’une lutte intime pour garder ce qui menace de se perdre dans l’expérience d’un déplacement – une langue, une histoire, un héritage ou même un prénom. Tenir, retenir, appartenir : entre deux pays, Polina Panassenko interroge ces trois verbes de l’exil, auxquels elle ajoute un quatrième : aimer, aussi bien la Datcha que Saint-Étienne, sans devoir se renier ».

Revue Mondes & Migrations Au musée : images

« Frontières/Horizon(s) », 10 ans de résidence cinéma au Musée national de l’histoire de l’immigration

En 2023, la résidence de réalisation « Frontières/Horizon(s) », créée avec le Groupe de recherches et d’essais cinématographiques (Grec), célèbre ses 10 ans d’existence. Conçue pour soutenir la réalisation d’un premier ou d’un deuxième court-métrage sur la thématique de l’immigration en s’appuyant sur les ressources du Musée national de l’histoire de l’immigration, cette résidence a permis, depuis 2014, la réalisation et la production de 10 films.

Revue Mondes & Migrations Au musée : pédagogie

« Le plus souvent dans l’histoire, “anonyme” était une femme » (Virginia Woolf).

Résidence In Situ, Collège Nelson Mandela au Blanc-Mesnil (93) Dans le cadre des résidences d’artistes en établissement scolaire portées par le département de la pédagogie du Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a financé sur l’année scolaire 2022-2023 une résidence artistique In Situ, réalisée par l’artiste photographe Maya-Inès Touam au collège Nelson Mandela situé dans la ville du Blanc-Mesnil (93). Cette politique de résidence permet de rendre accessible au jeune public le nouveau parcours permanent du MNHI à travers une approche sensible construite sur les trois piliers de l’éducation artistique et culturelle : la rencontre, l’acquisition de connaissances et la pratique artistique.

Revue Mondes & Migrations Au musée : recheche

L’album photographique

Faire collection, faire récit, faire commun avec les images Venir de l’université, ou même du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), dans un musée pour y faire de la recherche sur le long terme n’est pas un transfert évident. Une résidence de recherche n’est pas une résidence d’écrivain, d’artiste, ni de cinéaste. Elle mobilise des compétences et des intérêts communs, et dans le cas du Musée national de l’histoire de l’immigration, une interrogation convergente autour de la migration et sur le rôle du musée, les formes et expressions mises en avant au sein de son enveloppe coloniale. Pilotée par Marianne Amar, la résidence au sein du Musée répondait à l’un des axes de recherche du département de la recherche dans son appel à projet, à savoir « Récits et archives de soi ». Cette dimension entrait directement en résonance avec mes recherches en littérature et photographie, orientées depuis 2017 sur les récits de la colonie, de la postcolonie et de la diaspora chez les artistes contemporains et autres poètes médiatiques, autrement dit rappeur·ses et performeur·ses de la littérature.