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Collection Photographie

Portrait d’une PME de Rajak Ohanian

En 1999, Rajak Ohanian s’installe pendant neuf mois dans une entreprise d’impression sur tissu de la région lyonnaise, pour photographier ses 32 “acteurs”. “ Avec ces prises de vues, j’ai voulu mettre en valeur la dignité de chacune de ces personnes ”, explique Rajak Ohanian. Rajak Ohanian est né à Lyon en 1933, de parents arméniens émigrés dans la région au cours des années 20 suite au génocide de 1915. Cette série de photographies met en scène de façon minimale l’ensemble du personnel d’une PME à Lyon, spécialisée dans l’impression sur tissus, un secteur économique en voie de disparition. Elle se compose de 32 portraits en pied grandeur nature de l’ensemble du personnel de cette entreprise. Chacun fait face à l’objectif avec en toile de fond le tissu imprimé qu’il a réalisé le jour même. Rajak Ohanian a conduit son projet avec l’ensemble du personnel, aussi bien les ouvriers que les employés et la direction. Par son échelle, Portrait d’une PME cherche à restituer leur dignité aux personnes représentées et réinterprète le genre du portrait classique sur le mode de la rencontre avec l’autre, rompant avec le constat froid et mécanique des conventions de la représentation. Cet ensemble nous renseigne sur l’univers particulier d’une PME. L’artiste met en œuvre avec les moyens de l’esthétique, une approche comparable à celles des enquêtes sociologiques. Le monde du travail industriel, peu représenté en art, n’est pas traité ici de manière dramatique : les personnes sont toutes représentées dans une posture de repos et sous une lumière égale. Rajak Ohanian est décédé le 7 novembre 2023.

Collection Affiche

Urgent de Ghazel

Cette série d’affiches constitue un projet artistique né de la confrontation entre une artiste iranienne installée en France et la question des autorisations de séjours. Avec Urgent , Ghazel se lance dans une création autour de la dernière solution qui lui reste pour pouvoir régulariser sa situation : le mariage blanc. Ghazel est une artiste iranienne, née à Téhéran en 1966. En 1986, elle quitte l’Iran pour venir étudier en France où elle vit désormais. Artiste hybride, elle élabore une œuvre multiple, qui traite du déracinement, de la nostalgie de l’exil, du nomadisme, de la guerre … En 1997, Ghazel, installée à Montpellier, reçoit de la préfecture une lettre d’expulsion lui signifiant que sa carte de séjour ne serait pas renouvelée. “ Pour la première fois, je me sentais sans papiers , écrira-t-elle, clandestine .” Cette expérience lui inspire un projet artistique ; Urgent voit le jour. Après la lettre d’expulsion, Ghazel décide de mettre des annonces pour un mariage blanc et réalise sa première affiche. L’artiste poursuit son projet, déclinant les affiches en plusieurs versions jusqu’en 2002, date à laquelle elle reçoit une carte de résidence pour dix ans. Elle renverse alors les données et propose à son tour un mariage à un clandestin afin qu’il puisse obtenir une carte de séjour. Procédant par détournement, elle réutilise dans cette œuvre les acronymes, typiques de la langue française, et convertit avec humour ces sigles passés dans le langage courant : SDF se transforme en SPF : “Sans papiers fixe” ; allusion au fait qu'elle a eu droit à des papiers provisoires en tant qu’artiste ; RDD signifie dans le langage de l’artiste une “Résidente à durée déterminée”. Selon les affiches et leurs évolutions dans le temps, celles-ci insistent plus sur le type d’homme recherché (avec comme seule exigence d’avoir des papiers), ou au contraire la dévoilent elle (son image apparaît, partiellement ou entièrement, son origine moyenne-orientale est mentionnée puis le fait qu’elle soit artiste). Dans une autre affiche, elle précise le mot “passeport” car après la première série elle a reçut beaucoup de réponse montrant que sa quête de papiers n’était pas assez explicite. Avec les deux dernières affiches, elle boucle la boucle et inverse l’offre en compilant les éléments contenus dans les séries précédente, elle propose, cette fois, d’aider un homme à obtenir des papiers via un mariage blanc. Si le travail de Ghazel emprunte aux registres de l’humour, de la dérision et de l’appropriation, il dépasse sa propre expérience et confère à l’œuvre une portée universelle : “ Partout dans le monde, il y a des gens délocalisés qui essayent de s’enraciner ailleurs ”, explique-t-elle.

Collection Installation

La machine à rêve de Kader Attia

En 2003, Kader Attia présente, à la Biennale de Venise, La machine à rêve . Il s'agit d'une installation composée d'un distributeur automatique et d'un mannequin vêtu d’un sweat-shirt griffé « Hallal ». Le personnage est sur le point d’acheter l’un des articles proposés par La machine à rêve : un kit mariage, du gin hallal, des cartes de crédit gold… autant de produits de notre société de consommation et du besoin de s'y reconnaître. Cette installation marque le début d’une longue série déclinée par l’artiste. Pour le musée de la Cité, Kader Attia a imaginé une version féminine dans laquelle le distributeur propose un ensemble d’objets symboliques, représentatifs, selon l’artiste, du rêve d’intégration de certaines jeunes filles. Procédant par détournement, l’artiste transgresse l’objet et sa signification première et propose une réécriture du réel afin de traduire les déchirements de l’exil ; entre deux mondes, deux identités. Il construit un langage particulier, à la fois poétique et politique, pour affronter la difficile équation entre désir d’appartenance à une société d’accueil et préservation de valeurs traditionnelles. Kader Attia se réapproprie également la langue. En utilisant le terme « hallal », il n’est pas question pour lui de critiquer la religion mais de montrer de quelle façon les mots sont vidés de leur sens. Dans le langage commun d’aujourd’hui, le terme « hallal » a perdu sa connotation de pureté pour devenir un mot courant signifiant « propre à la consommation ». Si l’œuvre souligne le conflit d’une identité déracinée, sa signification va au-delà. La Machine à rêve pose la question de la norme de vie érigée par le capitalisme : « Je consomme donc je suis ». « Pour ces jeunes filles et jeunes garçons, s’émanciper voudrait donc dire consommer, sans modération, en réponse à des besoins que crée l’ordre capitaliste. À l’époque où cette œuvre fut créée, les produits hallal étaient rares dans le commerce. Aujourd’hui, des médicaments aux sucreries en passant par les préservatifs, ils sont pléthore. Un marché en constante croissance qui met à profit le désir d’identité en le vidant de sa substance », commente Kader Attia.   L'artiste Né en 1970 de parents algériens, Kader Attia grandit dans l’univers des cités de Sarcelles et Garges-les-Gonesses, aux identités multiples, à l’image de celles qu’il explore dans son travail. S’il s’inspire souvent d’anecdotes personnelles, l’artiste utilise le réel, se le réapproprie et donne naissance à une œuvre où l’autobiographie se conjugue à la création. Formé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Kader Attia élabore une œuvre protéiforme, puissamment métaphorique. Les questions liées à la diaspora, au déracinement nourrissent sa réflexion et le placent souvent dans une démarche de plasticien qui se rapproche aussi de celle de l’ethnologue. À travers ses créations, Kader Attia ne cesse d’interroger le monde et le politique, non sans humour, distanciation et poésie. Œuvre présentée dans l'exposition J'ai deux amours (16 novembre 2011 - 24 juin 2011)

Programmation Ateliers et activités

Les mercredis 21 et 28 octobre 2026 à 10h30

Drôles d'arêtes

Découvrez un parcours sur les espèces sauvées de l’extinction...

Programmation Cinéma

Mercredi 21 octobre 2026 à 19h

Le temps d'un premier film

Comment filmer les réalités migratoires aujourd’hui ? Une Masterclass autour des défis de la création cinématographique sur les migrations portée par les deux derniers lauréats de la résidence Horizon(s) et la marraine de l’édition 2026.

Programmation Ateliers et activités

Jeudis 22 et 29 octobre ; vendredi 23 octobre ; samedi 24 octobre 2026 à 10h30

L'anguille électrique, super-héroïne !

L'anguille électrique est un animal fascinant ! 

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La sélection 2026 du Prix BD de la Porte Dorée

Depuis sa création, le Prix BD du Palais de la Porte Dorée met à l’honneur une bande dessinée engagée et qui explore les grands enjeux de notre époque. Des parcours migratoires à la défense des territoires et cultures autochtones, en passant par la crise climatique, découvrez les 8 œuvres sélectionnées pour sa 6 e édition.

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La sélection 2026 du Prix littéraire de la Porte Dorée

Depuis 2010, le Prix littéraire de la Porte Dorée met à l’honneur des œuvres de fiction écrites en français mettant en lumière les réalités de l’exil, des migrations ou des identités plurielles. Pour sa 18 e édition, la sélection 2026 réunit six romans, entre plumes confirmées de la rentrée littéraire et voix émergentes. Découvrez les ouvrages en lice !