Le Salon Asie et le mobilier d’Eugène Printz

Situé à l’angle sud-est du hall d’honneur du Palais de la Porte Dorée, faisant pendant au salon Afrique situé de l’autre côté, ce salon d’apparat avait pour fonction, pendant l’Exposition coloniale de 1931, d’accueillir le bureau du Maréchal Lyautey, commissaire général de l’exposition. On l’appelle le salon Asie pour les fresques et le mobilier qui le décorent. Il fait partie des espaces classés au titre des monuments historiques depuis 1987.

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Le salon ovale du maréchal Lyautey, photo Lorenzö, © Palais de la Porte Dorée

La composition du salon en fait une référence du mouvement artistique de l’Art déco, qui s’est développé entre 1910 et 1940, par ses dimensions monumentales avec une surface de 90 m², son design minimaliste, la composition rigoureuse de ses lignes géométriques (l’ovale parfait du salon) et son usage des bois rares et précieux.

La décoration illustre la figure de l’ensemblier qui s’impose dans l’univers de la décoration à l’époque. Eugène Printz (1889-1948) a conçu l’ensemble du décor, pensé comme un système total, maîtrisant la totalité du processus créatif : le dessin du mobilier, celui des motifs du sol en marqueterie, le choix des matériaux pour les habillages en bois du décor, etc.

Le sol est composé d’une marqueterie en bois précieux, dont les teintes différentes (du plus clair eu plus foncé) permettent à Printz de dessiner des motifs très contrastés, géométriques et concentriques, qui font écho à la rotondité du salon. Les bois utilisés sont le bilinga du Gabon (d’un coloris très orangé), disposé en motifs en damiers, agrémenté de lignes brisées en wengé et de liserés en ébène.

Pour le mobilier, Eugène Printz choisit un bois de palmier patawa (écorce de palmier du Gabon), bois considéré le plus dur et le plus difficile à travailler, ce qui en surenchérit le prix. Printz réalisa également dans ce bois pour le placage des deux portes monumentales de 5,40 mètres de haut, avec une serrurerie en bronze doré, ainsi que pour les chambranles, les plinthes et les portes des placards, ce qui donne au salon une unité stylistique et une cohérence esthétique, qui renforce l’idée d’œuvre d’art totale, caractéristique de l’Art déco.

Le mobilier du salon a été créé spécialement par Printz, ce qui en fait des pièces uniques : un grand bureau à double plateau, une table à dessin, deux tables-lampes, aux lampadaires à double éclairage avec une tablette pivotante soutenue par un arc de métal, des fauteuils en bois laqué à accoudoirs cintrés et garniture de velours.

Les fresques réalisées par André et Ivana Lemaître représentent les apports philosophiques et artistiques de l'Asie à la métropole. Les personnages et les scènes figurées s’inspirent du bouddhisme, de l’hindouisme et de la pensée confucéenne, avec des représentations de Krishna jouant de la flûte, de Bouddha en pleine méditation et de Confucius enseignant à ses disciples

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Eugène Printz, Guy Bujon et Jean-Jacques Dutko, Éditions du Regard, 1986